Rencontre-débat #3 :"Tous formateurs à la participation citoyenne"

Je participe, pourquoi pas toi ?

 

La question de la formation à la participation citoyenne est ressortie lors des deux précédentes conférence-débat et de plusieurs rencontres avec les maires des communes du Sicoval.

Grâce à l'éclairage de Pascal Jarry, Directeur de projet participation citoyenne au Conseil Départemental de la Haute-Garonne et de Patrick Bodart, membre de l’association « Periferia »spécialisée dans les méthodes et démarches de participation citoyenne ainsi que du travail en ateliers, il s’agissait de répondre aux questions suivantes : 

-       Quels publics former ? élus, habitants, techniciens /agents collectivités territoriales et société civile…

-       A quoi former ? les objectifs de la participation citoyenne, la stratégie de mise en œuvre, ses principes, les méthodes, outils... 

-       Comment former ? méthode conventionnelle, recherche-action...

-       Quels formateurs ? co-formation, professionnel, associatif …

-       Quels impacts ? Réussites, problèmes…

 

Les interventions

Pascal Jarry, Directeur de projet participation citoyenne au Conseil Départemental de la Haute-Garonne / (dé)Formation, Accompagnements, Compétences

Patrick Bodart, membre de l’association « Periferia »spécialisée dans les méthodes et démarches de participation citoyenne ainsi que du travail en ateliers / Formation et participation citoyenne

 

émulations des ateliers

QUEL PUBLIC FORMER ?

1-Les élus

• On se heurte à des décisions ficelées à l’avance. Sur la question de la formation à la participation citoyenne (PC), les élus ne sont pas toujours ouverts à la nouveauté. Faut-il donc plus former l’élu, pour qu’il trouve un avantage à la PC ?

• Le partage du pouvoir de l’élu est important : il faudrait être organisé entre citoyens pour pouvoir intéresser l’élu. Les citoyens peinent à faire émerger des projets concrets car ils n’ont pas de cadre. A quel moment les élus viendraient participer aux réunions des citoyens s’ils doivent déjà se réunir entre eux ?

2-Les habitants

• Les former aux outils existants. Les citoyens ont une crainte d’aller vers l’élu, ou finalement n’osent pas toujours parler en réunion publique. Comment les inciter ? Pourquoi le citoyen reste-t-il parfois passif?

• Il y a malgré tout un manque d’implication de la part des habitants. Comment l’information circule-t-elle ? Sur internet il faut que le citoyen s’inscrive sur une newsletter pour avoir les informations, mais le circuit de recherche n’est pas toujours bien clair.

• Il faudrait amener le citoyen à penser à l’intérêt général plutôt que l’intérêt personnel.

3-Les jeunes, les sans voix

Les aider à se rendre compte que leur voix compte. Comment toucher les jeunes et les sans voix ? 

4-Tous citoyens

Nous sommes tous des citoyens et la participation citoyenne doit faire partie d’une culture citoyenne commune. La formation sera dépendante du besoin de la cible, donc adaptée aux groupes de personnes.

5-Les acteurs « aux interfaces », en contact avec les jeunes

- Le corps enseignant dans ses pratiques (notamment de conduite des conseils scolaires !)

- Les CMJ (conseil municipal des jeunes)

- Les TAP (temps aménagement périscolaire)

- Les CSP catégories socio-Professionnelles

 

Synthèse post-it :

-          Former les décideurs à l’écoute des habitants dès l’élaboration des projets et au quotidien

-          Former les jeunes à l’école et dans la vie communale

-          Former des médias dédiés aux expériences de participation citoyenne

 

À QUOI FORMER ?

1-À s’écouter

• Apprendre l’écoute active : élus, techniciens, habitants

• Savoir se remettre en question

• Savoir exprimer son engagement et ses motivations

• Savoir dialoguer et gérer les désaccords

2-À se comprendre

• Il faut que les citoyens et élus apprennent à se comprendre

• Le citoyen ne peut avoir confiance dans les instances que s’il identifie les rôles de chacun

• Besoin d’horizontalité, donc de coresponsabilité

• Apprendre à travailler ensemble, à faire circuler l’information

• Accepter de sortir de sa zone de confort

3-Aux intérêts de chacun

• À l’intérêt de la PC pour le citoyen  « que gagne t’il en participant ? »

• Aux règles du jeu « comment ça fonctionne dans l’administration territoriale ? »

• À la prise de conscience d’un « jeu d’acteur » (lobbying)

• Connaître les contraintes, les compétences et les missions de chacun des acteurs de la PC. « La réflexion n’est pas toujours suivi d’une décision, et c’est ce qu’il faut faire comprendre. »

4-Aux méthodes

• Former du personnel dans le multimédia afin de proposer de la communication adaptée aux jeunes sur les expériences du territoire.

• À l’emploi des « méthodes » et à l’usage des « outils »

• Former à développer un esprit critique

5-À la culture commune de la participation :

• Une formation en continue dès le plus jeune âge par les parents, l’école et au quotidien

• La participation ne doit pas vivre uniquement à travers des outils mais être une vision, un état d’esprit.

• Apprendre les notions nécessaires à la compréhension du projet par les participants. « On ne forme pas à la participation mais on peut former les acteurs pour que tous soient sur un pied d’égalité face à un projet. »

 

Synthèse post-it :  

-          Former à plus de transparence dans les projets

-          Former aux enjeux de la PC, aux postures participatives et aux méthodes (conduites de réunion, écoute, outils du numériques)

-          Former à partager le pouvoir (humilité et conciliation)

-          Former à l’art de la controverse

-          Inculquer la culture citoyenne, rassurer les élus, déconstruire les représentations de chacun (altérer à évoluer à concerter)

-          Faire prendre conscience aux élus de la nécessité de faire partager leurs idées et communiquer sur la démocratie participative

 

 

COMMENT FORMER ?

1-Par des outils

• Non pas par une mais par plusieurs méthodes possibles

• Par une communication courte et ludique

• Par le développement des web radio

• Par la simulation, des mises en situation, des études de cas, des jeux de rôles

• En passant par des têtes de réseaux pour un apport de mixité

• En e-learning

• Par le benchmarking (regarder d’autres situations et s’en inspirer)

2-Par le dialogue

• La participation pour un projet peut partir d’un groupe que l’on peut appeler « acteurs moteurs ». C’est le noyau participatif. Ce groupe de 6 personnes pourrait lancer la dynamique et toucher un plus grand nombre de personne.

• Se former à la participation, c’est dialoguer. En dialoguant, on comprend les problématiques de chacun, on prend du recul et des nouvelles idées apparaissent : c’est l’intelligence collective.  

• Plutôt parler de dialogue et non de formation. Co-formation par le dialogue.

3-Par un partage des « savoirs » et du « retour d’expérience » des acteurs

• La sphère du citoyen est différente de celle de l’élu. Il existe des outils de l’éducation populaire. « Dans les centres sociaux on accompagne les habitants à penser à l’intérêt collectif. »

Il est aussi pensable de convaincre les élus de l’utilité de la PC.  Il faudrait proposer une co-formation, ou une association apprenante, pour se former mutuellement sans devenir expert ni faire appel à des experts. « Plus que de la complémentarité, je parlerais d’altérité, sur la base du frottement d’expérience dont nous avons entendu parler. »

4-Par une mixité des acteurs

• Il doit y avoir des formations pour une catégorie de public et des formations mixtes. L’alternance de ses deux formations permettra une meilleure cohésion d’acteurs très différents.

• Ne pas démultiplier les formations pour chacun des publics mais privilégier la mixité.

• Tous ensemble mais pas tous sur les mêmes sujets (il y a des besoins de formation spécifiques à la fonction occupée / au métier exercé /au rôle joué [par les personnes à former] dans les instances et la cité !)

• L’union de différents acteurs avançant ensemble pour un même projet permet une auto-formation des membres du groupe.

5-Par une culture commune

• Nous avons une culture commune de la PC à co-construire ensemble. Elle n’est pas naturelle et pourrait être provoquée.

• La formation a un côté descendant. Comment se co-former ? Peut-on parler de form-action ?

• Le conseil citoyen est une instance de formation entre citoyens

• Par l’autoformation

 

Synthèse post-it :

-          Création d’espaces de discussion pour les publics empêchés (maison de retraite, famille monoparentale)

-          S’appuyer sur les expériences de terrain

-          Favoriser les échanges (faire abstraction de la gouvernance verticale)

-          Adapter les formations et les moyens de communication à toutes les générations

-          Intégrer la PC à l’école

-          Créer un fond de co-financement, d’opération et de formation-action sur le territoire

-          Faire de la formation active ou co-formation

-          Développer une notion de « retour sur investissement »  pour le citoyen qui participe

-          Voyager et faire une évaluation-bilan-amélioration en fin de projet

 

QUELS FORMATEURS ?

1-Un groupe

• Il faut un groupe initiateur mixte et motivé

• Faire retour d’expérience

• Il faut pratiquer et voir ce que se fait et l’évaluer

• Nous parlons de coresponsabilité sur la culturation : ASSOCIATIONS/CITOYENS/ÉLUS

2-Un accompagnateur

• Un formateur non, mais il faut une base de donnée de formateurs selon les projets

• Il y a une nécessité de formations spécifiques pour cerner les sujets, le domaine

• Il faudrait un accompagnement dans les projets de participation. Cet accompagnement guiderait vers des outils existants et des conseils dans la théorie de la participation. Cet accompagnateur pourrait être une personne extérieure.

3-Son rôle

• Il faudrait donc un coordinateur médiateur, qui est un rôle très important.

• Son rôle d’impartialité semble primordial.

• Importance d’une « reconnaissance » envers le citoyen qui fait l’effort de se former ou de former

4-Collégialité

• Il faudrait peut-être qu’ils soient plusieurs, par exemple 2 élus et 2 citoyens, pour sortir du type « meneur », et renforcer la notion importante de la collégialité !

• Les 3 parties devraient être impliquées : les élus, les techniciens et les citoyens. « Attention au pouvoir décisionnel lorsque les parties ne s’accordent pas… qui tranche ? »

• Eviter de vouloir faire des « spécialistes » de la PC et intégrer la vision que chaque citoyen est formateur (parents, enseignants, jeunes, …)

 

OÙ FORMER ?

1-Semer

• Se rapprocher des gens au lieu de les unir dans un milieu formel 

2-Dans la rue

• Une tonnelle dans la rue pour recueillir des informations

• Se positionner sur le terrain, c’est le point de départ de la PC.

• Il faut créer des repères

3-Dans les lieux de vie

• Les rencontres ne doivent pas se faire dans des lieux institutionnels

• Il faut favoriser les lieux de vie : bar associatif, rue, marchés…

• Il faudrait tester l’outil avec les associations

• Il faudrait diffuser cette culture d’occupation de l’espace

 

Synthèse post-it :

-          Initier le débat dans des lieux populaires (le café/bistrot)

 

ÉVALUER

Importance d’évaluer systématiquement les projets/actions sur l’aspect de la PC :

  • Par qui a-t-elle été organisée ?
  • Comment et à quel(s) moment(s) ?
  • Comment dans le déroulé du projet cela s’est-il effectivement passé ?
  • La PC a-t-elle été profitable au projet ou un frein à son déroulement ?

Quelle(s) leçons peuvent être tirées de ce qui a été fait ou pas fait pour améliorer les pratiques en matière de mise en œuvre de la PC (communication, ressources, procédures, méthodes, outils, etc.)

 

Ressources complémentaires

Publication "Mettre en place et transmettre des démarches de participation" - Periferia 2014

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