Rencontre-débat #2 : "Quelle participation citoyenne à l'heure du numérique?"

Les français passent en moyenne 5h par jour sur internet et ce temps est en progression constante. Et si l'on prenait ne serait-ce que 15 minutes par jour pour participer au projet de la vie collective ?

Plus de 50 personnes étaient présentes samedi matin à l’ENSAT pour discuter de la question suivante :
L'outil numérique est-il une solution pour faire entendre sa voix et enrichir la participation citoyenne ou n'est-il qu'un gadget ?

Les interventions

Trois intervenants ont accompagné le débat en présentant des initiatives innovantes :

Le débat a mis trois éléments clés en lumière :

  • Le numérique peut être un levier complémentaire aux réunions publics en mobilisant d’autres personnes.
  • L'immédiateté d’utilisation de ces outils peut cependant fragiliser le processus démocratique.
  • L'importance ne vient pas de l'outil numérique mais de l'usage qu'on en fait.

Questions posées à la salle

Le site internet du Sicoval, vous connaissez ?

Seriez-vous disposé(e) à utiliser des outils numériques à des fins de participation citoyenne ?

Émulations des ateliers

Après la séance plénière à l’occasion de laquelle la salle a pu échanger avec les intervenants ; il a été organisé la tenue de 3 ateliers entre lesquels se sont répartis les participants, en fonction de la lettre qui leur avait été attribuée au moment de l’accueil.

Chaque atelier a réuni une petite dizaine de participants, sans compter l’animateur et le rapporteur.

On a d’abord procédé dans chacun des ateliers à un tour de table, permettant aux participants de se présenter et de répondre à la question : « Les outils numériques sont-ils plutôt favorables ou plutôt défavorables à la participation citoyenne ? ».

A la suite de quoi, l’animateur a proposé d’axer le débat autour de la question centrale des conditions pour développer une participation citoyenne sur le SICOVAL.

Il en ressort un certain nombre de points :

  • Tout le monde semble s’accorder pour dire que le numérique n’est qu’un outil parmi d’autres et que la participation est d’abord et avant tout une question de conviction et d’engagement.
  • La plupart des participants considèrent que l’outil numérique favorise plutôt la participation citoyenne et doit être considéré comme un atout supplémentaire au service de la participation. Il permet en effet :
    • De diffuser l’information largement et rapidement ;
    • De réintroduire de la démocratie en assurant une meilleure représentativité et en captant de nouveaux publics (les jeunes, personnes en difficulté …) et tous ceux qui n’ont ni le temps ni les moyens de se rendre aux réunions publiques;
    • De favoriser une meilleure compréhension et une plus grande transparence  dans la diffusion des informations ;
    • De rapprocher la culture de la participation des plus âgés de la culture du numérique des plus jeunes.

En revanche, le numérique suscite une certaine méfiance et comporte des risques :

  • De décalage entre le temps long des politiques publiques et l’immédiaté d’internet, ce qui peut entrainer une forme de découragement ou de frustration ;
  • De caricaturer (voire d’appauvrir) le débat politique (j’aime/j’aime pas) ;
  • De discrimination : seuls ceux qui ont accès au numérique auront accès au débat (fracture numérique qui vient accentuer la fracture sociale) ;
  • De fraude, de manipulation ou de débordements (l’effet pseudo, le commentateur anonyme caché derrière son écran) ;
  • D’atteinte à la vie privée, via la collecte de données personnels par les grands opérateurs du réseau mondial ;
  • De surconsommation énergétique.

Afin de permettre à chacun de trouver son « mode de participation », il est donc  nécessaire :

  • D’hybrider les supports numériques avec les démarches plus « classiques » de la participation (réunions publiques, le débat en petits groupes, le papier …) ;
  • De maintenir les rapports de proximité ;
  • De développer un accompagnement au numérique (information, formation, afin de n’exclure personne et de permettre à chacun de trouver son « mode de participation »
  • De multiplier les supports et de diversifier l’offre (sites internet, blogs applications smartphone, réseaux sociaux, intranets/extranets, open data, système push, alertes SMS, QR codes, panneaux numériques dans les rues …).

Il conviendra également de sécuriser le dispositif par une certification des identifiants pour éviter les fraudes.

Il est enfin indispensable d’organiser un retour sur la participation numérique, afin de respecter l’avis de l’utilisateur via par exemple un observatoire permettant le suivi des objectifs, des avis et des engagements.

A ces conditions, il conviendra d’inciter les élus à développer les outils numériques d’information, de participation et de concertation ; à cet égard les idées ne manquent pas :

  • Mettre en place un flux d’information en temps réel auquel les usagers-habitants-citoyens seraient abonnés, avec un dispositif d’alertes ;
  • Permettre un accès aux plateformes numériques pour les associations ;
  • Développer le webinaire (animé par des lieux comme les centres sociaux ou un tiers-lieu ou de chez soi …) afin d’organiser des conférences virtuelles ou de participer aux réunions via une webcam ;
  • Création de plateformes d’échange de services ;
  • Création d’un espace de contributions, d’une boite à idées ;
  • Création d’une plateforme numérique pour animer un budget participatif.

 

 

Envoyer par mail

Les champs suivis d'une astérisque * sont obligatoires


Séparés par des virgules