Regards croisés sur l’atelier de participation citoyenne des étudiants

Table-ronde : retour sur le Workshop des étudiants sur la participation citoyenne

Table-ronde avec la présence de :

  • Jacques Oberti, Maire d’Ayguesvives
  • François Aumonier, Maire de Fourquevaux
  • Jean-François Roussel, Maire de Baziège
  • Cecile Valverde, Présidente du Conseil de Développement du Sicoval
  • Catherine Aventin (ENSA de Toulouse)
  • Corinne Sadokh (ENSA de Toulouse)
  • Gérard Gasselin (responsable de l’association Solidarité Villes, intervenant APTER)
  • Cécile Jebeili (Université Toulouse Jean-Jaurès),
  • Etudiants APTER et ENSA

 

Jean-François Roussel : Cet atelier a bien fonctionné sur notre commune. Les gens ont apprécié !

François Aumonier : Il est intéressant que les jeunes participent à ces actions car ils seront bientôt aux manettes. C’était également intéressant de le faire sur plusieurs communes du Sicoval pour avoir plusieurs situations.

L’enjeu sur Fourquevaux est de développer un nouveau quartier et donc il est important d’avoir le ressenti des habitants sur leur village. On a rencontré un problème de mobilisation des habitants : il y avait beaucoup de retraités et les jeunes ménages étaient absents. La mobilisation de toutes les populations est une question importante. La mobilisation est souvent plus facile sur des projets précis. Il ne faut pas avoir peur de parfois provoquer pour mobiliser les habitants. Sur Fourquevaux des actions de participation citoyenne pourraient être développées.

Jacques Oberti : Je tiens à remercier les étudiants pour le souffle positif qu’ils ont pu apporter à l’équipe municipale. Suite à cette expérience, nous ressentons maintenant un vertige pour organiser la suite de la participation : quels sujets faut-il aborder, de quelle façon organiser la participation citoyenne ?

La commune d’Ayguesvives est comme une famille où chacun se connait et où chacun a un point de vue. La question à se poser est de savoir comment élever le débat. L’action « porteurs de paroles » sur le marché de plein vent a bien fonctionné et nous gardons cette idée pour la suite. On a eu une petite déception sur la mobilisation car il y avait seulement les citoyens déjà connus et très mobilisés sur les réunions publiques. Des questions de cette concertation nous ont interpellés et nous avons développé une page facebook, un panneau électronique et recensement des adresses mail des Ayguesvivois pour améliorer la communication entre la population et la municipalité.

A l’issue des élections municipales de 2014, de nombreuses actions de participation citoyenne ont été mises en place mais aujourd’hui nous connaissons un essoufflement. Cette expérimentation permet d’apporter un second souffle.

Au niveau du Sicoval, une vraie question se pose : de quelle manière l’intercommunalité peut-elle faire participer les habitants en respect et en complémentarité avec les communes ? C’est un sujet à approfondir.

Gerard Gasselin : L’expérience a débuté par un appel à volontariat auprès des maires sur l’ensemble des communes du Sicoval. Les démarches participatives ont été possibles par le fait qu’il y avait un réel intérêt des élus pour expérimenter une approche différente de la participation avec les étudiants. Mais on est vraiment au début du chemin et le temps imparti ne permettait pas d’approfondir le sujet. Des questions restent posées : comment inventer de nouvelles méthodes pour aller vers les habitants ? Comment sortir de l’éternelle réunion publique qui est trop souvent décevante ?

Cecile Valverde : Le Conseil de Développement (Codev) a la charge de travailler sur la participation citoyenne (saisi par le Conseil de Communauté du Sicoval en juin 2015). Les étudiants ont démarré le chantier et ont apporté une réelle dynamique qui va falloir qu’on poursuive. Je pense qu’un habitant ne se positionne pas entre l’intercommunalité et la commune. Nous sommes un jeune Codev (existence d’un 1an 1/2) et nous apprenons en marchant. Cette saisine est une opportunité pour le Codev de se questionner pour mobiliser et faire participer les habitants.

La faiblesse de la mobilisation peut s’expliquer par la nouveauté de ces démarches. Il faut que ces démarches s’inscrivent dans un temps plus long.

Dominique Dhellemmes (Administrateur du Tremplin) : Lorsqu’on est élu(e) il faut éviter les effets d’annonce ou la provocation. Cela provoque des effets désastreux sur la mobilisation des habitants. Lorsqu’on consulte la population sur un projet, le risque est d’avoir la moitié de mécontents ; c’est difficile mais il faut faire avec.

 Patrick Bodart (Periferia) : J’aurais deux questions à poser :

- Pour le travail de recensement, comment donner vie (la visibilité) à tout ce qui se passe hors des associations ? Il y a d’autres choses intéressantes qui peuvent émerger des citoyens non organisés en association.

- Est-ce que le fait d’arriver en tant qu’étudiant (extérieur) permet une libération de la parole des habitants plus qu’avec les élus ?

Marion Alary (étudiante APTER) : Il est difficile de recenser les initiatives qui ne sont pas structurées en associations. Un prolongement de ce travail pourrait être la mise en place d’une plateforme numérique (carte collaborative) 

Jean-Jacques Guibbert (enseignant Université Jean-Jaurès) : J’ai une question à poser au Maire de Baziège quand il dit «Moi je sais ce que je veux en faire [Ancienne Coopérative Agricole de Baziège]». Est-ce que le processus participatif a fait évoluer votre point de vue ? Sinon à quoi sert la participation ?

Jean-François Roussel : Quand j’ai dit cela c’était un point de vue de citoyen. La participation m’a fait changer d’avis, on n’est que des êtres humains. Je ne voyais pas les choses de la même façon avant d’être Maire. J’ai appris la complexité des projets et auparavant je n’avais pas cerné toutes les variables.

Michèle Pasteur (déléguée à l’UNADEL) : Ces projets sont intéressants. N’y a-t-il pas intérêt à créer un réseau d’alliés pour avancer sur le plan méthodologique de la participation citoyenne ?

Jacques Oberti : Il faudrait s’inspirer des démarches commerciales pour susciter la participation : il faut être dans la séduction pour mobiliser les habitants.

Gérard Gasselin : Une question importante est de savoir qui porte « techniquement » la concertation. L’habitant ne va pas avoir le même discours devant un élu que devant un intervenant extérieur neutre. Il est important qu’une tierce personne joue un rôle de la médiation entre élus, techniciens et population et veille à une prise de parole équilibrée.

Un autre point important lorsqu’on m’invite à une réunion : est-ce qu’il existe un enjeu pour moi, pour mon quartier ? Et surtout, si je me déplace et que je m’exprime : est-ce que cela va pouvoir infléchir le projet ? Quand les habitants ont le sentiment qu’ils peuvent influer sur des décisions qui les concernent directement, ils se déplacent et s’expriment. Lorsque la concertation intervient tardivement, lorsque tout est déjà décidé, il est normal que les habitants se détournent de cette fausse concertation, pour ne pas dire manipulation. Tous ces sujets pourront être abordés dans le forum ouvert de cet après-midi.

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